( 26 novembre, 2009 )

Rues et places de Lens (4) : La rue René Lannoy

 

La Rue René Lannoy, en forte déclivité, commence au niveau de la Place Jean Jaurès pour se terminer place Salengro (Place du Cantin).

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Depuis mon plus jeune age et jusqu’à que je quitte Lens au début des années 70, la rue René Lannoy s’est toujours appelée pour mes parents « Rue de Lille ». C’est pourtant juste après la seconde guerre mondiale que la municipalité décida de la baptiser Rue Lannoy en l’honneur d’un grand résistant du Nord, chef du Front national de Libération du Pas-De-Calais décédé d’un accident de circulation le 14 décembre 1944.

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Cette rue, vieille de plusieurs siècles, s’appela Rue du Rivage, puis rue de la Porte de Lille. Au moyen age, elle menait au rivage et de là au Petit Marais (aux environs de l’actuel Lycée Condorcet) qu’alimentait de nombreuses sources. Au début du 20ème siècle, cette rue était beaucoup plus étroite qu’aujourd’hui mais était déjà très animée.

Le marché de Lens des mardis et vendredis qui avit lieu sur la Grand Place, débordait largement sur la rue de Lille :

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A l’angle de la rue de Lille et de la rue de …. l’Hospice, se trouvait L’hospice de Lens qui venait juste d’être agrandi lorsqu’il fut rasé pendant la première guerre mondiale. En 1919, des baraquements provisoires ont été installés à la place de l’hospice et servirent d’hôpital de fortune jusqu’à l’ouverture du CHL de la Route de La Bassée en 1932.

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De l’autre côté de la rue, se trouvait l’école Carnot qui fut reconstruite dans les années 20 avenue du 4 Septembre à la place de l’Usine à Gaz. Vieille de plusieurs siècles, cette école avait été transformée en hôpital militaire pendant la Révolution Française.

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Comme tout Lens, c’est une rue de Lille totalement rasée que les Lensois retrouvent lors de leur retour de l’exode en 1919 :

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Les Lensois retroussèrent leurs manches et la Rue de Lille retrouva rapidement l’aspect qu’on lui connait aujourd’hui :

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La rue fut pavée jusqu’au début des années 60 lorsqu’elle fut de nouveau élargie afin de pouvoir absorber l’augmentation de la circulation et des commerces.

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En effet de nombreux commerçants s’y installèrent et cette rue était très vivante avant l’implantation des centres commerciaux en périphérie de la ville. On y trouvait notamment un grand magasin de sport (ancêtre de Décathlon ?) :

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Et la célèbre droguerie Talandier :

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Vers l’extérieur de Lens, la Rue Lannoy est prolongée par la Route de Lille à voir dans un prochain article.

La Route de Lille, oh pardon, la rue R. Lannoy en février 2008

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( 10 novembre, 2009 )

Lens – Lazio de Rome 1977

   Un peu pour rendre hommage à Moncel Djebali, je vous invite à voir ou revoir les buts du match historique entre le Racing et la Lazio de Rome. Djebali est l’auteur des 5ème et 6ème buts lensois.

   La musique accompagnant le film n’est pas celle que j’aurai choisi mais le principal reste l’image.

Image de prévisualisation YouTube

 

( 9 novembre, 2009 )

Rues et places de Lens (3) : la Route de La Bassée

      L’axe Lens-la bassée date de l’ère Romaine et a certainement été le premier habité de la ville. Appelé faubourg Saint Laurent au Moyen age, du nom de son église construite au 6ème siècle sur une petite butte (on pense au niveau de l’hôpital aujourd’hui). L’église fut donnée à la collégiale de Lens en 1070 par l’évêque d’Arras. En 1789, l’église fut vendue comme biens nationaux et on perdit alors sa trace.

      La Route de La Bassée débute au carrefour de jonction avec la Route de Béthune et les rues Remeaux et Bollaert pour se terminer par le Centre Commercial Lens 2 et l’aérodrome de Lens-Bénifontaine (qui n’est déjà plus sur le territoire de la ville de Lens).

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    Les deux extrémités de la Route de la Bassée :

       En ville, la porte d’accès à l’Université Perrin où étaient autrefois les Grands Bureaux des Mines de Lens :

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        A l’ouest, le Centre Commercial Lens 2 et l’aérodrome :

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     Lorsque l’on remonte la Route de La Bassée, on peut appercevoir sur la droite le Collège saint Paul dont l’entrée principale se trouve rue Souvraz (ancienne rue du Pôle Nord).

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    Un peu plus loin, nous allons trouver la complexe hospitalier qui commence avec la Maison de Retraite inaugurée au début des années 60 :

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    En face quelques corons typiques de la région. Autrefois, devant chaque maison se trouvait un grand potager. Cet espace a été repris pour devenir un parking :

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     Puis nous arrivons a l’entrée de l’hôpital de Lens, appelé aussi CHL. Ou plutôt a sa première entrée puisqu’aujourd’hui une autre a été ouvert Rue Auguste Lefebvre (près de la route de Béthune).

      L’entrée du CHL a son inauguratiion en 1932, dans les années 60 et aujourd’hui :

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      Une vue aérienne de ce secteur dans les années 60 :

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       Face à l’hôpital, la rue Robert Schumann nous conduit à la piscine olympique inaugurée le 15 mai 1966 et à la Grande Résidence (on disait plutôt la ZUP) qui fut construite dans les années 60/70 pour loger « des cadres moyens et des ouvriers des usines de Douvrin ». Aujourd’hui, la Grande Résidence fait l’objet de grandes restucturations avec la destruction de plusieurs tours et leur remplacement par des logements (maisons individuelles, appartements de 4 étages maxi,…) plus humains.

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La Piscine

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La Grande Résidence

    Nous continuons notre remontée de la Route de La bassée pour arriver à la fosse 14.

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       Avec ses corons et ses commerces. Sur notre gauche, nous aurons la place Cauchy où était la Coopérative de madame Montuelle. C’est sur cette place qu’a lieu la ducasse du 14.

     Sur notre droite, avec l’enseigne rouge, le café « Pierru » où existait une section de supporters du RC Lens :

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       Plus loin, sur notre droite, nous allons trouver l’école maternelle La Fontaine et la Chapelle du 14 qui a été désacralisée et transformée en appartements :

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        Juste avant le pont de la ligne de Chemins de fer des Mines ,sur notre gauche, nous trouverons la Rue Lamennais chère à nos coeurs,

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      … sur notre droite se trouvait le chevalet de la fosse 14. Construite à partir de 1906, le siège ouvre un an plus tard. L’ensemble des installations est détruit en 1918 et reconstruit dans les années 1920. Cette fosse cesse d’extraire en 1938, concentrée sur la fosse 12. Le puits est maintenu pour le service du personnel jusqu’en 1967, date de la concentration du 12 sur le 11/19. Les installations sont détruites en 1974. Aujourd’hui, un terrain de football a pris la place du carreau de fosse.

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       La Route de La Bassée a joué un rôle très important à la fin de la première guerre mondiale. La bataille de la Côte 70 est une bataille que opposa le Corps canadien, sous le commandement du général Arthur Currie ainsi que le Ier Corps britannique (6e et 46e divisions), aux unités de défense allemandes, les 7e et 185e divisions d’infanterie ainsi que la 4e division d’infanterie de garde sur une très modeste élévation du terrain situé au nord de Lens. Elle eut lieu du 15 au 25 août 1917. L’opération canadienne était destinée à faire diversion et à soulager la pression qui pesait sur la ville.

      L’attaque commença par un barrage roulant d’artillerie, suivit de près par l’infanterie. En fin de matinée, les Canadiens occupaient les hauteurs de la côte dominant Lens. Les objectifs restant seraient atteint le lendemain. Durant la bataille, les contre-attaques allemandes se succédèrent, utilisant du gaz moutarde et des lance-flammes, mais à chaque fois ils furent repoussés au prix de lourdes pertes. À la fin de la bataille, le Corps canadien avait perdu 9 200 hommes, tués ou blessés. (Voir le livre de Christian Duquesne : Les canadiens à Lens – Août 1917 aux Editions YSEC).

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Une unité canadienne dans les tranchées de la côte 70

( 8 novembre, 2009 )

Un ancien du Racing nous quite : Moncel Djebali

D’après un article de La Voix du Nord :

Un ancien du Racing, Moncef Djebali, est décédé ce matin au Touquet d’une attaque cardiaque. Il avait 52 ans

Lui qui est arrivé de Tunisie à l’âge de cinq ans, pour se poser avec ses parents du côté de Gardanne, près de Marseille, imaginait-il qu’il allait passer l’essentiel de sa vie dans le Nord ? «  Ça s’est fait comme ça, explique Moncef Djebali. Je jouais à Gardanne et Lens m’a repéré. Je suis arrivé au RCL à 17 ans, en 1974. J’ai fait mon premier match direct, contre Reims. » Le RCL, il en parle toujours avec émotion. «  De tous les clubs où j’ai joué, c’est celui qui est le plus près de mon coeur. Je vais de temps en temps au stade Bollaert, j’ai toujours une boule au ventre. » C’est là où il a commis son plus beau fait d’armes : deux buts décisifs contre la Lazio de Rome, match remporté 6-0 (match dans lequel il est entré à la 94ème mn en remplacement de Robert SAB).  « Marquer un but contre une équipe italienne c’était déjà fort, alors six… » Moncef Djebali quittera le RCL en 1980. Mais, souvent été blessé, sa carrière est stoppée à la fin des années 80. Il  repart à zéro en intégrant les services techniques du Touquet mais ne perd pas contact avec le terrain. Il entraîne les jeunes footballeurs du Touquet ainsi que l’équipe réserve et s’occupe désormais de l’accueil des footballeurs professionnels qui viennent se mettre au vert au Touquet. 

Son avis sur le foot aujourd’hui : «  Ce n’est pas la même génération. Certains, à peine arrivés dans un club, pensent déjà où ils vont partir l’année suivante. Nous, on respectait le contrat signé. les joueurs de mon époque n’avaient pas d’agents. On se débrouillait tout seul. Il y avait des grilles pour les salaires. Et quand on rentrait sur le terrain, on ne pensait qu’à une seule chose : jouer, sans se poser de questions

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( 1 novembre, 2009 )

Rues et places de Lens (2): La Route de Béthune

     Une partie de ce texte est inspirée d’articles de Jérôme JANICKI, journaliste à l’Avenir de l’Artois.

     L’histoire de Lens s’est en grande partie jouée le long de la route de Béthune. La première mention date de l’époque de la bataille de Lens au XVIIe Siècle. Dans un texte du livre de Stéphane Thion sur Les Armées Françaises de la guerre de Trente ans, on trouve : « L’archiduc Léopold attendait le 19 août 1648 au matin de la plaine de Lens. Mais Condé, jugeant les positions espagnoles trop fortes, refusa la bataille et fit rompre en arrière à gauche pour marcher en direction de la route de Béthune. »

     La route de Béthune est citée dans de nombreux ouvrages relatant la Grande Guerre dans la Gohelle dont celui de Henri Barbusse  intitulé « Le feu ».  

    C’est en 1770 que la construction du chemin Lens-Béthune commença. Les concepteurs privilégièrent en 1771, les pavés au gravier pour réaliser une voie de communication de qualité.

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La Route de Béthune au début du siècle

     A cette époque se trouvait au niveau de la cité 11, la Salle des Fêtes des Mines de Lens qui, entièrement détruite, ne fut pas reconstruite après la guerre :

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      Dès 1919, la Route de Béthune fut l’une des toutes premières à posséder des logements provisoires en tôle :

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     Après la Grande Guerre, la ville de Lens a dû remanier son plan ancien. Ainsi, en mars 1921, il fut établi que les routes nationales traversant la ville auraient la taille suivante : trois mètres pour les trottoirs de part et d’autre et une voie large de huit mètres au centre. Le règlement d’emprise de la RN43 a été établi lors du conseil municipal de janvier 1927 sous la présidence de Basly.    

     C’est à ce moment que l’on décida de la construction de la gendarmerie sur un terrain appartenant aux Mines de Lens entre les fosses 1 et 9.

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A la même époque, la fosse 1, entièrement détruite pendant la guerre fut reconstruite.

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     Aucune artère de Lens aussi vitale que la route de Béthune n’a fait à la fin des années cinquante et au début des années soixante une telle unanimité contre elle. De l’avis de tous, elle était devenue beaucoup trop étroite. Lorsqu’un véhicule léger, un autobus ou un camion s’y stationnait la route était bloquée et les embouteillages se créaient. Les journalistes disaient d’elle qu’on mettait autant de temps à la descendre ou à la monter qu’à faire dix kilomètres à la campagne. L’objectif était donc d’élargir la route de Béthune de 12 mètres.
    Ce n’est qu’en 1963 que les autorités nationales inscrirent comme une urgence, la refonte de la route de Béthune. En même temps, il fut décidé de revoir complètement l’éclairage public. Ernest Schaffner réunit le conseil municipal le vendredi 25 janvier 1963 et fixa le calendrier des travaux de la route. Etant Route Nationale, L’État prit à sa charge la réfection de la chaussée et la ville de Lens, celle des trottoirs, de l’installation des égouts, de l’abattage des arbres et du profilage des bordures. Ces travaux allaient coûter 65 millions d’anciens francs à la commune.
    Ainsi, la route nationale devait être élargie de 12 mètres sur une longueur de 1,800 km à partir du carrefour des Grands Bureaux jusqu’au chemin Manot.

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   Ci dessus : Les extrémités de la Route de Béthune : en haut, le carrefour Plumecocq croisement avec le Chemin Manot (rue Léon Blum aujourd’hui) et la rue Pierre Brossolette. En bas, le carrefour avec la Route de La Bassée et la rue Bollaert.

   A titre de comparaison, la Route de Béthune dans les années 50/60 et aujourd’hui (image Google Earth) :

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        Sur les terrains qui appartenaient autrefois aux Mines de Lens, on trouve aujourd’hui du côté de l’ancienne fosse 1, la Médiathèque Robert Cousin :

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         La salle des Fêtes Jean Nohain :

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        L’espace Bollaert :

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        Et face à l’Avenue de la Fosse 12, là où l’on « trouvait » le Chemin Perdu, l’Université.

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        C’est sur cette route que l’on trouve de grandes barres de corons :

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       Le Monument aux Mort des Mines de Lens, à l’angle de l’Avenue de la fosse 12 :

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      Un peu plus loin, la Route de Béthune traverse la cité du 12 avec, en autre, la fosse 12 bis (où se trouve aujourd’hui un concessionnaire autos). C’est là que se trouvait le Centre de Formation des Mines de Lens appelé aussi « La Mine Image ».

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        En continuant après la rue Saint Edouard qui donne vers l’église du même nom et le groupe scolaire Jean Macé, on trouve de nombreux commerces. C’est dans ces lieux que se trouvait le cinéma l’Eldorado.

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( 19 octobre, 2009 )

Rues et places de Lens (1) : la place Jean Jaurès

       Aujourd’hui commence une série d’articles sur les rues et places de Lens. Nous commencons par la place Jean Jaurès qui est à n’en pas douter le véritable centre de la ville.

       On retrouve trace de cette place dès 1569 sous le nom de « Rue du grand Marchié ». En 1744, elle est appelée « Rue Très Large » bien que sa largeur était largement moindre qu’aujourd’hui. C’est en 1909 qu’elle baptisée Place Ferrer du nom d’un philosophe espagnol fusillé en septembre 1909. Mais elle redevint aussitôt la « Grand-Place » jusqu’en 1936 quand la municipalité décide de l’appeler Place Jean Jaurès.

       En 1822, un Hôtel de ville y est construit (au même emplacement que celui d’aujourd’hui).

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      Mais à la fin du 19ème siécle, devant l’essor de la ville suite à la découverte du charbon, celui ci devient trop étroit. la municipalité décide alors d’acheter la ferme Roussel mitoyenne pour y installer différents services municipaux.

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      La Grand place est un lieu très animé avec de nombreux commerces dont le célèbre « Au Bon Grans Marché ».

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       La Grand Place donne sur la rue de la Porte d’Arras et le Boulevard des Ecoles.

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       Pendant longtemps, elle fut le lieu de rassemblement des camelots pour le marché de Lens. Plus tard, elle ne conservera que la mercerie, les tissus et les produits de la maison : les denrées périssables sont transférées place du Cantin et le marché aux poissons sur le Boulevard des Ecoles.

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     Dès octobre 1917, Lens est envahi par les Allemands. Les soldats apprécie se promener que ce qu’ils appelle « Die Markplatz ».

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    En 1918, après la fuite des troupes allemandes, la place est un véritable spectacle de désolation, tout est en ruine, il ne reste rien de l’église, la mairie et les habitations.

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      Mais très vite, les Lensois retroussent leurs manches et la reconstruction de la ville commence. La Place est élargie, la mairie et l’église sont reconstruites au même emplacements qu’avant la guerre.

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     Dès 1927, après l’inauguration de la nouvelle église Saint Leger, reconstruite à l’identique en 1926 et celle de l’Hôtel de Ville en 1927, il ne reste plus rien des 4 années de souffrance et la Grand-Place semble avoir repris toutes ses habitudes.

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       En 1936, la Grand Place devient la Place Jean Jaurès sur décision du Conseil Municipal d’Alfred Maës.

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    Mais de nouveau, la guerre frappe la ville de Lens. Les 16 juin et 11 août 1944, des bombardements alliés frappe à nouveau la place , l’Hôtel de Ville est détruit.

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       Trop abimé, il ne sera pas reconstruit et les services municipaux émigrent à la Gare Sainte Elisabeth, rue Bollaert en 1956. Ce n’est qu’en 1965 que la Place Jean Jaurès prendra son aspect d’aujourd’hui avec l’inauguration du nouvel Hôtel de Ville.

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   Aujourd’hui, la Place Jean Jaures est toujours considérée comme le centre de la ville bien que de célèbres magasins des années 50 à 80 aient disparu comme Perissin, Annebicque-Leprettre, A la Renommée des Voitures d’Enfants, la quincaillerie Renard, etc…

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( 17 octobre, 2009 )

Le 12/14 par un fils de mineur

      Mon ami Christian de Liévin m’a signalé la présence sur le web d’un autre blog sur la mine et les mineurs. Un de plus, me direz vous ? Mais celui ci est d’excellente qualité et mélange photos anciennes et articles d’aujourd’hui. A voir absolument c’est ici : http://filsdemineur.skyrock.com/

     C’est sur ce site que j’ai trouvé une photo des cités 12 et 14 qui date de l’entre 2 guerres : le cimetière du 14 est minuscule par rapport à aujourd’hui; le stade de l’AS lens, sur la route de Loos en Gohelle n’existe pas encore; la rue des Maronniers qui mène du cimetière à la cité 12 et à l’église Saint Edouard ainsi que la salle Saint Laurent ne sont encore que des terrains vagues; la chapelle de la Route de La Bassée ne verra le jour que beaucoup plus tard auprès de l’école maternelle qui elle, est déjà construite. Par contre, on y voit nien que l’activité minière, anéantie pendant la première guerre, a bien repris son activité et que la ligne du chemin de fer des mines qui mène de la fosse 11 à la gare de Vendin en passant par le 12 et le 14 est enièrement exploitable.

     Pour m’amuser, j’ai fait un comparatif avec le même site aujourd’hui en copiant une photo de Google Earth. A vous de juger.

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( 7 octobre, 2009 )

Chapelle Saint Edouard : J’ai trouvé !!!!

     Il y a quelques jours, j’écrivais ceci :

    Je cale sur l’histoire de Lens (hé oui, on ne sait jamais tout) : Voila, suite a la 1ère guerre mondiale et à la destruction de l’église Saint Leger, j’ai trouvé qu’une chapelle provisoire avait été contruite « Route de Béthune, devant la fosse 1″. J’ai pensé à la chapelle St Elisabeth (église polonaise comme disaient mes parents) mais un autre document me précise que cette chapelle s’appelait « Chapelle saint Edouard ». Elle abritait de 1920 à environ 1926 la paroisse Saint Leger. Son emplacement semble bien confirmé en bas de la Route de Béthune et non à la fosse 12 (???).

     A la reconstruction de l’église Saint Leger en 1926, je ne trouve plus aucune trace de cette chapelle. A t’elle été détruite ? Ou est ce elle qui est devenue Chapelle Ste Elisabeth ?  Je n’en sais rien et je ne trouve rien la dessus dans mes nombreux documents.

     A tout hasard, si certains d’entre vous pouvaient me donner des renseignements là-dessu, je suis preneur. Ci dessous une photo de cette Chapelle Saint Edouard :

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    Hé bien, je possédai la réponse à la maison dans un ouvrage appelé : « Lens, à travers 100 rues, places et lieux-dits » de Catherine Painset et Patrick Delecroix aus éditions La Voix du Nord.

    Je cite cet ouvrage :  » L’église Millénium remplace depuis 1966 l’ancienne église Sainte-Elisabeth. Annexe de Saint Leger, celle ci avait été construite par la compagnie des Mines de Lens après la première guerre mondiale, face aux installations de la fosse 1. A partir de 1923, elle fut spécialement destinée aux familles d’origine polonaise ». C’est donc bien l’ancienne Chapelle Saint Edouard qui a pris le nom de Sainte-Elisabeth après la reconstruction de l’église Saint-Léger.     

    Ouf, un mystère d’éclairci ! Comme quoi, en cherchant un peu …..

( 7 octobre, 2009 )

Le Tortillard (suite mais non fin)

     Je viens d’acquérir dans une vente aux enchères le livre « Le Tortillard… de Lens à Frévent » de Dominique LAMPIN et Serge LOUART (1983). On y trouve plein de renseignements sur ce train et sur la Société de Chemins de Fer Economique du Nord qui en possédait la concession depuis le 8 août 1890.

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Une belle photo du Tortillard en gare d’Aubigny en Artois

    Ainsi, je peux répondre à la question qui m’était posée par Michel sur son itinéraire dans Lens. Effectivement, si avant la 1ère guerre mondiale, il passait bien par le boulevard des Ecoles (Bd Basly aujourd’hui), lors de la reconstruction de Lens à partir de 1919, son itinéraire a été modifié comme suit : Il partait de l’Avenue Van Pelt, remontait la rue de la Gare, passait sur la place de la Gare (au pied du cinéma Apollo), puis rejoingnait Liévin par la rue Thiers (aujourd’hui rue E. Dolet, le Rond Point Bollaert et l’Avenue Alfred Maës.

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Le Tortillard Rue Thiers avant 14-18

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Un automoteur du Tortillard Place de la Gare

     La Société de Chemins de Fer Economiques du Nord possédait pour cette ligne 7 locomotives, 30 voitures et 139 wagons de marchandises. Il n’y avait donc pas UN tortillard mais DES tortillards. Il fut même complété par des automotrices pour assurer le trafic de voyageurs entre Lens et Souchez via Liévin et Angres.

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Une automotrice rue Defernez à Liévin

         Pour répondre à Christian : C’est bien en 1948 qu’a été supprimé définitivement le Tortillard. En 1947, le déficit était de 6 millions de Francs de l’époque. Le 13 janvier 1948, le Conseil Général décide donc d’en arrêter l’exploitation.

         Une partie du personnel est mis à la retraite, une autre reclassée dans le service routier de substitution. D’autres seront licenciés avec pour indemnités pour les titulaires :

             -  50 000 F pour un homme

             -  25 000 F pour une femme

             Et 10 000 F pour les agents en service discontinu.

          Je cite le livre : « Le 31 mai 1948, la machine n°22, bordée de fleurs et de drapeaux tricolores, effectue son dernier voyage. M. César BERNARD, Maire de Frévent, accompagne la dernière équipe composée de messieurs JACQUER, LAJUS et HANOT jusqu’à Bouret / Canche »

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Le Tortillard part pour son dernier voyage

( 3 octobre, 2009 )

1933 : Inauguration du Stade des Mines de Lens

    Cette page est tirée dans sa grande majorité d’un article paru sur le site Internet du journal « L’Avenir de l’Artois » (http://www.lavenirdelartois.fr/) signé par le journaliste Jérôme JANICKI.

    Après de longs mois de travaux, l’inauguration du nouveau stade des Mines de Lens fut fixée au dimanche 21 mai 1933. Cette annonce tomba publiquement à la fin du mois d’avril 1933 et à la demande du député maire de l’époque, Alfred Maës, toutes les associations furent invitées à y participer activement.
Le stade de la Société des Mines de Lens : 

      Pour trouver le stade, les Lensois disaient qu’il était placé en bordure de la voie ferrée Lens - Béthune. On y accédait à l’époque par une route débouchant avenue de Liévin entre le pont de chemin de fer et la pépinière des Mines de Lens (à l’emplacement de l’actuel jardin public ?). Les plans du stade avaient été établis sur les données de monsieur Hanicotte, ingénieur en chef des travaux du jour de la Société des Mines. Il avait dans l’esprit de mettre au service de la jeunesse des installations qui lui permettent de pratiquer dans les meilleures conditions leurs exercices et leurs jeux favoris et d’offrir le cadre agréable d’un parc très verdoyant. Deux vastes stades permettaient de jouer au football et une piste de course à pied ceinturait la pelouse du terrain d’honneur. Aux extrémités des installations furent aménagées pour pratiquer les sauts et les lancers. Par ailleurs, les basketteurs disposaient aussi de terrains pour donner un coup d’envoi sérieux à leurs entraînements.
      Le stade n’avait rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui ni avant ce qu’il était avant sa réorganisation. Jusque-là, les matchs accueillaient quatre à cinq milles spectateurs, dans le nouveau stade, ce furent plus de dix mille spectateurs qui purent désormais trouver place dans les nouveaux gradins. Pour la réalisation de l’ensemble, avec le temps nous avons oublié que près de 80 000 mètres cubes de terre furent déplacés. Et comme le dit l’expression populaire « quand le bâtiment va tout va « , les travaux du stade Bollaert amenèrent une bouffée d’air dans cette période où le travail était rare. Ainsi, en cette période de crise, la main d’oeuvre qui travailla sur le chantier était issue de 180 mineurs des  fosses 5 et 5bis d’Avion que la crise mondiale avaient réduit au chômage.
      Les travaux furent conduits par monsieur Spriet, ingénieur et chef du service des constructions et ce fut le chef des jardins et des plantations, monsieur Choquet qui puisa dans les serres constituées en 1919 pour agrémenter l’ensemble.
Inauguration du stade :
    Le comité d’organisation de la fête fédérale établit, au début du mois de mai 1933, une liste importante des sociétés qui souhaitaient participer à cette journée. Elle comprenait : L’Espérance de Barlin, L’Avant-garde de Grenay, Les Carabiniers de Billy-Montigny, l’Honneur de Bruay, la Sainte-Barbe de Lens, les Francs Tireurs Artésiens, l’Honneur de Meurchin, La Française de Vendin Le Vieil, la Saint Maurice de Loos-en-Gohelle, L’Espérance d’Haisnes, L’Etoile des Mines d’Ostricourt, La Prévoyante d’Hulluch, L’Union Sportive de Drocourt Mines, Le Racing Club d’Arras, L’Étoile Brebieroise, le Grand Condé de Lens, la Saint-Amé de Liévin, la Jeune France de Mazingarbe, la renaissance d’Haillicourt et le club de boxe et de gymnastique de Calais.
     La venue des champions olympiques de l’École de Joinville fut aussi assurée pour le plus grand plaisir de tous. Ils devaient proposer huit tableaux : la mise en train athlétique, la démonstration des courses de haies, le grimper athlétique, le saut en hauteur, le lancer du disque, du javelot et du marteau, le saut à la perche, le saut du cheval et le ballet des moniteurs. 

      À la veille de l’événement, d’autres sociétés se joignirent à la liste. Dans cette nouvelle liste, nous trouvons notamment Les Mineurs de Saint Vaast Le Haut (région de Valenciennes), la Saint Pierre de Lens ou le stade héninois d’Hénin-Liétard. Il n’est pas permis d’oublier les Sokols polonais de Bruay, Hersin, Marles, Barlin, Divion, Haillicourt, Beuvry, Noeux, Libercourt, Ostricourt, Carvin, Calonne-Liévin, fosse 11 de Lens, Mazingarbe n°2, Harnes, Auchy-les-Mines, Bully-les-Mines, Lens-Ville, Fosse n°3 de Lens, Montigny-en-Gohelle, N°7 de Mazingarbe, Billy-Montigny, Noyelles-sous-Lens, Loos-en-Gohelle, Houdain, Sallaumines et Béthune. 

     La présence de la communauté polonaise fut un élément majeur dans la réussite de la journée. Devant une telle présence de volontaires polonais, à 14 h 45, lors de l’ouverture de la fête, retentirent dans le stade, les hymnes nationaux français et polonais.

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Le Stade des Mines de Lens le jour de son innauguration

La fête :
       Des trains spéciaux avaient été programmés sur les lignes Lens - Arras, Lens- Béthune, Lens - Libercourt, Lens - Douai, Lens - Don-Sainghin. Le tortillard Lens - Frévent qui desservait Liévin, Bully, Angres-Givenchy, Souchez, Ablain-Souchez, Carency, Villers au Bois, Camblain L’Abbé, Aubigny-en-Artois, Izelles-les-Hameaux, Noyelle-Vion, Avesnes-le-Comte, Liencourt, Etrée-Wamin, Reubreviette, Rebreuve-sur-Canche et Frévent partit pour l’occasion de Frévent pour Lens à 7 heures et 13 h. Enfin, le Chemin de fer des Mines de Lens (La Bassée - Violaines à Lens) avait multiplié les départs avec des arrêts à La Bassée, Auchy-Haisnes, Douvrin, Wingles, Vendin Rivage, Pont-à-Vendin, Vendin, Lens Grand Condé, Lens Sainte Élisabeth et Lens Stade Bollaert.
     Dès 11 heures, les cliques et les fanfares participèrent à un beau concours musical au carrefour de l’Avenue du 4-Septembre, rue Bollaert. L’ensemble composé de 85 formations défila ensuite dans les rues du centre de Lens.
     Les spectateurs se massèrent en tout début d’après-midi aux portes du stade situées rue de Liévin. A 12 h 15, avait lieu le banquet officiel dans la salle des fêtes des Grands Bureaux de la Société des Mines de Lens. À la table officielle, se trouvaient toutes les personnalités de l’époque comme Louis Couhé, l’inspecteur à l’aviation, Félix Bollaert, puis les ingénieurs des Mines, les commandants des gendarmeries ou le consul de Pologne. À 13 h 30, les portes ouvrirent et tous s’installèrent dans les gradins. Le prix d’entrée avait été fixé à deux francs et l’entrée était gratuite pour les enfants de moins de treize ans.
      À 14 h 15, les festivités commençaient par un défilé de cinq mille gymnastes, présentation et remise du drapeau fédéral et dépôt d’une gerbe au monument aux morts de la ville de Lens. Puis le spectacle commença. D’abord se produisirent les « Marguerites « des Mines de Noeux, les moniteurs de l’École supérieure de l’école de Joinville. À l’issue, ce furent les élèves des écoles des filles et de garçons des Mines de Lens qui se présentèrent face au public. Toutes les démonstrations étaient accompagnées par l’harmonie des Mines de Lens et par la fanfare Saint-Amé. La seconde partie fut une fête de nuit qui commença à 21 h 30. Trois podiums avaient été aménagés pour la présentation de danses et de ballets. Malheureusement, la fête de nuit connut un succès moindre.
      Grâce aux nombreux dons qui lui ont été offerts, le comité d’organisation dota les différentes épreuves de superbes prix dont la valeur atteignait plus de 40  000 francs. Les cadeaux étaient exposés dans la vitrine du grand magasin de la place Jean-Jaurès.

Le Stade Félix Bollaert : 

      C’est à la mort de cet ingénieur, Président du Conseil d’Administration des Mines de Lens, en 1936 que le Stade des Mines de Lens deviendra le STADE BOLLAERT.

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