( 17 décembre, 2009 )

Le feuilleton de l’Apollo continue

    A plusieurs reprises, j’ai parlé dans ce blog de la démolition de l’Apollo et de l’aspect « nostalgique » d’en conserver la façade pour les gens de notre génération qui ont conservé de ce lieu des souvenirs intenses.

   Voici que de nouveau, M. Delcourt s’insurge contre le fait d’être obligé de conserver cette façade. Cette fois, il le fait par l’intermédiaire du bulletin municipal de Décembre dont voici l’article :

Bulletin municipal n° 59 de Lens Actualité  Démolition de l’Apollo : problématique du maintien de la façade

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      » Les travaux ont débuté à l’automne 2008. Le désamiantage est pratiquement achevé, la démolition progresse également. Le planning du chantier est ainsi respecté. Les constructions donnant sur la rue de la paix sont en cours de déconstruction.    Néanmoins, suite à la décision de l’Architecte des Bâtiments de France, les bâtiments situés du côté du parvis de la gare seront démolis avec précaution pour maintenir la façade. Sa préservation présente un surcoût de 149 500 € TTC. De plus, les investisseurs qui se sont positionnés pour développer un pôle commercial et tertiaire auront pour contrainte de l’intégrer à leur construction. 

    Monsieur Guy DELCOURT, Maire de Lens et Député du Pas-de-Calais met tout en oeuvre pour mettre fin à cette aberration : une lettre a notamment été adressée au Ministère de la Culture. 

   Le poids historique de ce lieu dans la mémoire des lensois est indéniable. Pour préserver et faire perdurer la notoriété passée de cet espace, il a ainsi été proposé de baptiser le futur bâtiment «l’Apollo». La façade est quant à elle faîte de béton décoratif collé, rien d’exceptionnel d’un point de vue architectural ou patrimonial. À l’oeil nu, chacun peut observer que cela n’est absolument pas esthétique. »

A SUIVRE …..

( 7 octobre, 2009 )

Le Tortillard (suite mais non fin)

     Je viens d’acquérir dans une vente aux enchères le livre « Le Tortillard… de Lens à Frévent » de Dominique LAMPIN et Serge LOUART (1983). On y trouve plein de renseignements sur ce train et sur la Société de Chemins de Fer Economique du Nord qui en possédait la concession depuis le 8 août 1890.

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Une belle photo du Tortillard en gare d’Aubigny en Artois

    Ainsi, je peux répondre à la question qui m’était posée par Michel sur son itinéraire dans Lens. Effectivement, si avant la 1ère guerre mondiale, il passait bien par le boulevard des Ecoles (Bd Basly aujourd’hui), lors de la reconstruction de Lens à partir de 1919, son itinéraire a été modifié comme suit : Il partait de l’Avenue Van Pelt, remontait la rue de la Gare, passait sur la place de la Gare (au pied du cinéma Apollo), puis rejoingnait Liévin par la rue Thiers (aujourd’hui rue E. Dolet, le Rond Point Bollaert et l’Avenue Alfred Maës.

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Le Tortillard Rue Thiers avant 14-18

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Un automoteur du Tortillard Place de la Gare

     La Société de Chemins de Fer Economiques du Nord possédait pour cette ligne 7 locomotives, 30 voitures et 139 wagons de marchandises. Il n’y avait donc pas UN tortillard mais DES tortillards. Il fut même complété par des automotrices pour assurer le trafic de voyageurs entre Lens et Souchez via Liévin et Angres.

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Une automotrice rue Defernez à Liévin

         Pour répondre à Christian : C’est bien en 1948 qu’a été supprimé définitivement le Tortillard. En 1947, le déficit était de 6 millions de Francs de l’époque. Le 13 janvier 1948, le Conseil Général décide donc d’en arrêter l’exploitation.

         Une partie du personnel est mis à la retraite, une autre reclassée dans le service routier de substitution. D’autres seront licenciés avec pour indemnités pour les titulaires :

             -  50 000 F pour un homme

             -  25 000 F pour une femme

             Et 10 000 F pour les agents en service discontinu.

          Je cite le livre : « Le 31 mai 1948, la machine n°22, bordée de fleurs et de drapeaux tricolores, effectue son dernier voyage. M. César BERNARD, Maire de Frévent, accompagne la dernière équipe composée de messieurs JACQUER, LAJUS et HANOT jusqu’à Bouret / Canche »

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Le Tortillard part pour son dernier voyage

( 22 septembre, 2009 )

Les premiers films à Lens

D’après « La Renaissance de Lens »  par Ginette Haÿ dans les dossiers de Gauhéria n°8

    Le premier film parlant diffusé à Lens fut « Le Mystère de la Villa Rose » en septembre 1920 au cinéma « Le Casino », rue de Paris. Puis ce fut « La Route est belle » un film parlant et chantant avec André Baugé.

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   Puis ce fut « Parade d’amour » avec Maurice Chevalier et « Nono Nanette » ou encore « La grande mare ». Devant le succès obtenu, M. Boeuf (successeur de M. Scohy), propriétaire du Casino et du Majestic (ci-dessous) devra entreprendre des travaux d’agrandissement et d’embellissement de ses cinémas.

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   Le 26 mars 1932 ouvre à lens le cinéma Apollo dont nous avons déjà beaucoup parlé ici. 2432 places sont offertes aux Lensois par la Société de Monsieur Bertrand. A l’étage se situe l’appartement de la famille Bertrand tout en style Art-Déco.

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  L’un des premiers films diffusé est « La petite Chocolatière » avec Raimu.

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    Avec la création de cette salle à Lens, le cinéma devient populaire et presque une institution. Il s’attirera cependant les foudres du diocèse de Lille en octobre 1930 qui dénonce l’obscurité des salles, les films riqués, la promiscuité des spectateurs, les affiches malsaines. Ceci au point que le curé de la paroisse Saint Leger affiche à la sortie de la messe, sous le porche de l’église le liste des films « à conseiller ou non » déterminé par  » l’office technique du cinéma familial ».

   A la mort du fondateur Joseph Bertrand en 1935, ce sont son fils Bertrand et son gendre R. Boucher qui lui ont succéder. Ci dessous la famille Bertrand.

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    L’Apollo fut racheté en 1985 par une importante société est sa fermeture fut définitive le 31 décembre 2000.

( 25 mars, 2009 )

Superbes photos de Lens

Encore deux très belles photos aériennes du centre ville de Lens dans les années 60:

La Place Jean Jaurès et l’église St Leger

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La Place de la Gare (avec entre-autre la Cinéma l’Apollo dont nous avons déjà longuement parlé) :

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Quelqu’un peut il me dire quels sont ces étranges bâtiments blancs à toit rouge que l’on apperçoit sur la place de la République ?

( 19 février, 2009 )

Un autre cinéma : le Cantin

Situé Avenue Emile Zola, juste en face de l’Institution Sainte Ide, le bâtiment du cinéma « Le Cantin » est attenant à la maison Syndicale.

Longtemps deuxième cinéma lensois derrière l’Apollo, le Cantin du aussi fermer ses portes à la fin des années 90.

Au moment de la « libération sexuelle » qui eut lieu après les évènements de Mai 68, le Cantin avait la réputation d’être le seul cinéma de Lens à diffuser des films à caractère pornographique. Après sa fermeture, le bâtiment fut acheté par une communauté religieuse limite sectaire (La Source), qui en fit une salle de réunion et de prières : quel contraste !!!! Aujourd’hui, cet édifice est inoccupé.

Voici (toujours avec l’aide d’Olivier Joos) quelques photos de ce cinéma :

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Peu de temps après sa reconstruction apres la 1ère guerre mondiale

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Les salles de cinéma sont remplacées par des « salles de prière »

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Ce qu’il reste du Cantin aujourd’hui

Et pour finir, ce document exceptionnel fourni par Olivier Joos, un plan d’époque des places de ce cinéma avec leur numérotation :

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( 8 février, 2009 )

Visite de l’Apollo en 2009

 C’est toujours Olivier Joos qui nous fait partager la visite qu’il a eu la chance d’effectuer dans l’antre de ce cinéma lensois quelques semaines avant sa démolition. C’est avec son autorisation que je publie ses photos et le texte qu’il a écrit :

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Première photo de l’expédition vers l’ Apollo. La photo est donc datée du mercredi 04 février 2009. Dans un peu plus de 6 mois, vers octobre, après une longue période de désamiantage, l’emplacement sera vide, un immense terrain vague d’ou s’élévera… pour l’instant, on n’en sait rien. Les projets sont lancés : magasin de biens culturels, salle d’expo, logements verts, galerie d’art… En tout cas, la municipalité a promis qu’une trace restera de l’Apollo : une plaque, une affiche, le nom du lieu… Malheureusement, l’inscription Apollo, gravée dans le béton est irrécupérable et j’espère être là ce jour là avec mon appareil photo afin de figer cet instant.

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Zoom sur la façade de l’Apollo délabré. De quand date le dernier coup de peinture ? Certainement lors de la transformation de la salle unique en multiplexe de 5 salles en 1979. Les armatures métalliques que l’on distingue bien sur ces photos servaient à maintenir une immense bâche publicitaire annonçant la coup du monde de rugby à Lens, ainsi qu’à cacher cette façade honteuse à des spectateurs de rugby venus à Lens ne connaissant pas la ville, ni ce qu’il y avait derrière cette bâche.

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Recouvert d’affiches pour des spectacles et tournées d’artistes, cette photo montre un peu ce qu’était le panneau sur un fond bleu, annonçant les films de la semaine avec leurs horaires, leurs durées,…

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La seconde photo est la plaque officielle, et discrète, annonçant l’entreprise Bertrand. Elle est toujours située, un peu à l’écart du bâtiment, près de la sortie des spectateurs.

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Après avoir franchi les portes donnant accès à la salle, vous arrivez dans un petit hall avec deux escaliers de chaque côté. Dans ce hall, vous avez regardez sur les murs les photos des films proposés. Vous empruntez alors l’escalier tapissé de miroirs déformants pour arriver à la caisse afin de vous acquitter du prix du ticket
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Le long de l’escalier, les fameux miroirs…

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Avant l’arrivée face à la caisse où on cherchait sa monnaie, réfléchissant quelques instants pour donner le nom du film ou de la salle qui nous intéresse en souriant et en remerciant la caissière.

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Le ticket en main, on se rend dans le grand hall, véritable salle des pas perdus afin de trouver la bonne salle, ou pour monter à l’escalier afin de rejoindre la grande salle, ou pourquoi pas d’aller s’acheter des sucreries pour la séance. On peut également voir les prochaines affiches des films à venir… Et on rejoint lentement le grand escalier menant à la grande salle…

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Voici aujourd’hui l’entrée de la salle 2 située au rez-de-chaussée. Pour l’atteindre, il faut traverser le grand hall, là ou il y a la petite boutique de friandises.

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La salle aujourd’hui est en bien triste état, mais les sièges comme l’écran sont toujours là.

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Par contre, dans la cabine de projection, il ne reste plus grand chose…

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Après avoir monté le grand escalier vers la salle 1 en voyant l’affiche du prochain grand film, nous arrivons dans la grande salle de l’Apollo, version multiplexe 1979, qui correspond uniquement au balcon de l’ancienne très grande salle unique.

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Sur les murs tapissés, les lustres et lampadaires caractéristiques des années 70.

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Au dessus de la façade de l’Apollo, de grandes fenètres… L’appartement de Roland Bertrand, directeur des établissements Bertrand. Après avoir imaginé l’Apollo en 1932 suite à une visite au Paramount de Paris, Roland Bertrand décide d’y vivre, dans un appartement avec vue sur la gare de Lens.

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Les pièces sont larges et le décor très inspiré Art Déco avec de nombreuses mosaïques. Pour accéder dans cet appartement, une porte dérobée à l’étage, une fois que l’on a gravi l’escalier permettant d’aller à la grande salle, version 1979.

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La plus belle pièce de l’appartement, et donc prochainement vouée à la destruction, le jardin d’hiver style Art Déco de l’appartement des Bertrand. Une colonne d’ou jaillissait de l’eau, des plantes vertes autour, , des radiateurs cachés de chaque côté de la colonne, des mosaïques sur le sol, une belle et grande verrière au dessus… Malheureusement, rien n’est récupérable…

( 28 janvier, 2009 )

La facade de l’Apollo sauvée ?

Voici des extraits d’un article paru dans « LA VOIX DU NORD » (Merci Christian pour cette info) : les Bâtiments de France sauveront ils la facade de l’Apollo ?

Les travaux de désamiantage et de désossage de l’Apollo débuteront normalement en mars. Normalement, car une architecte des Bâtiments de France a fait savoir au maire de Lens qu’elle ne voulait pas voir détruite la façade de l’ancienne salle de spectacle. Vu les plans de Guy Delcourt sur ce site, forcément, ça coince. Hier, l’élu a poussé un sérieux coup de gueule.

Guy Delcourt n’a que très peu goûté l’avis des Bâtiments de France. En cause : la volonté d’une de ses architectes de conserver la façade de l’Apollo. Le maire de Lens explique : « Nous avons eu une altercation très vive. On me demande de préserver la façade pour son côté art déco « très significatif »… pas question de préserver cette façade. Tout ça,ce sontdes caprices ! En fait, la volonté des Bâtiments de France peut tout me foutre en l’air ! » s’indigne l’élu qui n’exclut pas, si les Bâtiments de France font un recours, d’en faire un à son tour.

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Photo « La Voix du Nord »

( 24 octobre, 2008 )

La fin d’un mythe : l’Apollo va mourir

Mon ami Christian de Liévin m’a fait part de cette nouvelle : (Extrait d’un article paru dans « La Voix Du Nord » du 14 septembre 2008) :

La démolition de l’Apollo devrait débuter dans un mois

Le chantier des gares de Lens se poursuit. Les prochaines échéances concernent l’Apollo et la gare routière avec quelques perspectives supplémentaires.

Toutes les opérations préalables ont été menées. Cela a pris du temps mais cette fois les dés sont jetés. Dans un plus d’un mois, les travaux de démolition de l’Apollo vont débuter. « Il devraient durer six mois », explique Guy Delcourt (Maire de Lens). Quant au devenir du site, c’est toujours la piste d’investisseurs privés qui est privilégiée.

L’apollo, c’est encore une partie de notre jeunesse qui s’en va! Combien de fois avons sommes nous entrés dans cette magnifique salle ?  J’y ai ma communion en 1963 (avec les enfants de collèges Michelet et Campan); j’y ai aussi chanté sur scène des chants de Noël avec une chorale créée à l’école du 12 vers 1960 par l’un des instituteurs; on allait y assister à des représentations théatrales jouées pour les jeunes des écoles de Lens qui découvraient Molière ou Racine; mon père m’y avait même emmené assister à un meeting politique du Parti Socialiste pour la campagne présidentielle de 1974 avec un certain François MITTERAND. Mais ce dont on se souvient le plus, ce sont les séances de cinéma du dimanche après midi (quand parfois, on prenait plus de temps à draguer les filles au balcon qu’à regarder le film). Ensuite, toute la bande de copains revenait par la rue de la Paix et le Boulevard pour aller prendre un verre au café « Le Basly » (qui doit être maintenant le Zébulon). Même après l’ouverture du Colisée, nous sommes restés fidèles à l’Apollo, c’était le ciné des jeunes.

L’ Apollo s’en va … Dommage, on aurait le modifier mais en conserver l’architecture car ce bâtiment est aussi un symbôle de Lens depuis son ouverture le 26 mars 1932.

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