( 8 février, 2009 )

Les cinémas de Lens

C’est grâce à un correspondant internaute, Olivier Joos, passionné par le cinéma dans le nord que je publie ces quelques articles sur les salles de cinéma de Lens.

Voici d’abord des photos de 2 cinémas lensois. Le premier, l’Omnia Pathé est la première salle fixe de l’histoire du cinéma lensois. C’est un ancien théâtre situé au coin de la rue de la Gare et de la rue de Paris. Cette première salle est en fait l’ancien théâtre privé de la ville, passé sous contrat avec la firme Pathé afin d’y implanter l’Omnia, premier réseau de salles fixes françaises et premier réseau à grande échelle sur l’ensemble du territoire. Ce théâtre est devenu cinéma en décembre 1910. Cette salle a entièrement été détruite lors du dynamitage complet de la ville par les forces allemandes en 1918.

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Au début du siècle, l’édifice est un théâtre appartenant au brasseur Paul Sauvage. Le rez-de-chaussée est réservé aux débits de boissons et l’étage disposait de 1100 places.

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En 1910, le théâtre est devenu cinéma, on y joue :  » l’Avocate ». Des affiches d’autres films sont visibles sur les vitre du café.

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En 1918, les Allemands, avant de fuir de Lens, détruisent totalement la ville. Voici ce qui restait du cinéma

La photo suivante est le Majestic, salle qui existait avant la seconde guerre mondiale sur la place de la gare, à l’emplacement de l’actuel Hôtel Moderne. Cette salle est rachetée en 1932 par la société Bertrand, mais, complètement détruite par les bombardements, elle n’est pas reconstruite.

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( 28 novembre, 2008 )

Le Tortillard Lens-Frévent

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  Appartenant à la Société des Chemins de Fer Economiques du Nord, la ligne Lens-Frévent  (54 km) a été ouverte le 8 août 1890. Ses rails avaient un écartement d’un mètre. Il desservait entre autres les gares de Liévin, Souchez, Aubigny en Artois, Liencourt, Rebreuviette et Frévent.

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  A Lens, le tortillard partait et arrivait à la gare du Nord, il partait vers Liévin par le boulevard des écoles (Bd Basly aujourd’hui) et revenait par la rue Thiers (rue Létienne).

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    Ce petit train transportait de nombreux voyageurs mais aussi des marchandises, en particulier du charbon et des fruits et légumes pour alimenter le marché de Lens.

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   Il fallait parfois plus de 3 heures pour rallier la gare de Frévent.

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  Le train peinait pour monter les côtes. Si bien que l’on pouvait le prendre en marche. Les pannes et déraillements étaient fréquents.

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  A l’âge d’or de la ligne, on ne compte plus le nombre de petits cafés installés dans les villages. Ce train a beaucoup contribué à l’essor économique du territoire.

  Les 2 conflits mondiaux ont eu raison de cette ligne. Dès 1914, certaines communes, telles Souchez, Liévin ou Lens vont être gravement touchés par la guerre et partiellement ou totalement détruites. L’exploitation de la ligne est réduite à 36 kilomètres, ces villes ne sont plus desservies. La ligne est reconstruite entièrement dès la fin du conflit.

  Pendant la seconde guerre mondiale, l’exploitation a pu continuer tant bien que mal : la ligne servit d’abord évacuer la population qui fuyait les Allemands pendant « l’exode ». Les habitants subissant les restrictions de l’occupant, la ligne devient rapidement l’outil principal de l’organisation du marché noir. Toutes les cachettes furent utilisées :la doublure de la veste du conducteur, le plancher des wagons et même la réserve de charbon.

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  Mais après la fin de la guerre, la ligne devint de moins en moins rentable : le déficit d’exploitation s’alourdit et contraint le Tortillard a effectuer son dernier voyage le 31 mai 1948.

    Le p’tit train lui-même est l’objet de plaisanteries ; on se raconte encore la farce, peut-être légendaire, qu’on lui a jouée au carrefour de l’Arrêt de Bully à Liévin.

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 Un jour, alors que le mécanicien, chauffeur et contrôleur se rafraîchissaient à l’estaminet, quatre plaisantins détachèrent le dernier wagon du convoi. Le tortillard partit, inconscient de la plaisanterie, et l’on ne se rendit compte de la situation anormale que quelques hectomètres plus loin. Le convoi fît marche arrière et l’on retrouva, dans le wagon immobile, un vénérable vieillard rouge de colère qui frappait violemment le plancher de sa grosse canne.

( 24 octobre, 2008 )

La fin d’un mythe : l’Apollo va mourir

Mon ami Christian de Liévin m’a fait part de cette nouvelle : (Extrait d’un article paru dans « La Voix Du Nord » du 14 septembre 2008) :

La démolition de l’Apollo devrait débuter dans un mois

Le chantier des gares de Lens se poursuit. Les prochaines échéances concernent l’Apollo et la gare routière avec quelques perspectives supplémentaires.

Toutes les opérations préalables ont été menées. Cela a pris du temps mais cette fois les dés sont jetés. Dans un plus d’un mois, les travaux de démolition de l’Apollo vont débuter. « Il devraient durer six mois », explique Guy Delcourt (Maire de Lens). Quant au devenir du site, c’est toujours la piste d’investisseurs privés qui est privilégiée.

L’apollo, c’est encore une partie de notre jeunesse qui s’en va! Combien de fois avons sommes nous entrés dans cette magnifique salle ?  J’y ai ma communion en 1963 (avec les enfants de collèges Michelet et Campan); j’y ai aussi chanté sur scène des chants de Noël avec une chorale créée à l’école du 12 vers 1960 par l’un des instituteurs; on allait y assister à des représentations théatrales jouées pour les jeunes des écoles de Lens qui découvraient Molière ou Racine; mon père m’y avait même emmené assister à un meeting politique du Parti Socialiste pour la campagne présidentielle de 1974 avec un certain François MITTERAND. Mais ce dont on se souvient le plus, ce sont les séances de cinéma du dimanche après midi (quand parfois, on prenait plus de temps à draguer les filles au balcon qu’à regarder le film). Ensuite, toute la bande de copains revenait par la rue de la Paix et le Boulevard pour aller prendre un verre au café « Le Basly » (qui doit être maintenant le Zébulon). Même après l’ouverture du Colisée, nous sommes restés fidèles à l’Apollo, c’était le ciné des jeunes.

L’ Apollo s’en va … Dommage, on aurait le modifier mais en conserver l’architecture car ce bâtiment est aussi un symbôle de Lens depuis son ouverture le 26 mars 1932.

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( 22 octobre, 2008 )

Histoire de la « nouvelle » gare de Lens et de ses bus

La « nouvelle » gare de Lens a été construite après la première guerre mondiale. Tous les anciens se souviennent de la Place de la Gare avec ses vieux bus qui desservaient les corons et les communes environnantes et d’où partaient et arrivaient les ramassages scolaires des collèges Michelet (pour les garçons) et Campan (pour les filles).

La Compagnie qui desservait La Bassée (en passant pas l’hôpital et la fosse 14) s’appelait les Transports en Commun Lensois. Les vieux bus Chausson étaient de couleur jaune et avaient parfois bien du mal à monter la côte de la route de La Bassée. Les jours de marché par exemple, les bus étaient pleins et il arrivait que, malgré tous les efforts du chauffeur, le vieux bus renonce à aller plus loin que l’hôpital. Tout le monde devait descendre alors, les personnes à destination de la fosse 14 finissaient à pied et celles qui allaient plus loin vers La Bassée attendaient le suivant avec l’espoir qu’il serait en meilleur état. Ces bus étaient à peu près comme celui-ci :

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Pour en revenir à la gare, celle ci a été construite avec ne architecture originale faisant penser à une locomotiv de l’époque. Voici l’histoire de la « nouvelle « gare de Lens :

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( 2 octobre, 2008 )

Salut aux collègues !!!

Une superbe photo trouvée sur Internet : la gare de Lens et les cheminots avant la première guerre mondiale.  Un petit salut aux « collègues » qui m’ont précédé au temps héroïque de la vapeur dans ma carrière à la SNCF .

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( 16 mai, 2008 )

L’Hôtel de Ville de Lens

On continue notre histoire des édifices de Lens. Après les mines, la gare et l’église Saint Léger, voici l’histoire de l’Hôtel de Ville :

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L’Hôtel de Ville de Lens a toujours été situé au même endroit, à quelques mètres de l’église Saint Leger. Depuis le début du 19ème siècle, il n’y eu que 3 bâtiments différents.

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Le premier fut construit en 1822 à l’emplacement de la maison de ville de l’Ancien Régime près de la ferme Roussel qui lui fut annexée par la suite pour héberger les services municipaux et de l’état civil. 

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Le 29 août 1908, l’escalier du perron fut remplacé par un autre en granit de Soignies avec une grande balustrade. 

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En 1912, la ville de Lens, devenue capitale du pays minier a décidé de se doter d’un nouvel hôtel de ville, digne de son importance. Le précédent fut donc abattu et laissa la place à un bâtiment plus grand et d’une grande richesse architecturale. C’est Emile Basly, alors maire de Lens, qui en a dressé les plans avec l’architecte Jean Goniaux. La première pierre a été posée le 27 mai 1913. 

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Détruit par les bombardements lors de la Première Guerre Mondiale avant même la fin de sa construction, il fut reconstruit à l’identique et inauguré en 1927.

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Bombardé de nouveau en 1944, l’hôtel de ville est fortement endommagé. Il fut rasé en 1956. 

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Il a été remplacé, après bien des péripéties, par un bâtiment plus moderne qui fut inauguré le 14 février 1965 par Jean Tomasi, préfet du Pas-de-Calais, en présence du député-maire Ernest Schaffner.

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( 8 mai, 2008 )

39-45 à Lens

En ce jour du 8 mai, fête de la libération de 1945, quelques souvenirs de cette guerre en hommage à ceux qui l’on vécue :

A peine 30 ans après le retour des premiers lensois dans leur ville suite à l’évacuation de 1917, éclate la seconde guerre mondiale : Lens est de nouveau sous tutelle allemande dès le mois de mai 1940. A partir du 18 mai, beaucoup de lensois évacuent volontairement, les écoles sont fermées.

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Jusque la fin du mois de mai, des bombardements arrosent Lens et ses environs. Puis les troupes allemandes envahissent la ville.  Alfred Bucquet raconte : « Un grand bombardement a lieu le 23 mai. Ce fut terrifiant de voir les victimes nombreuses parmi la cohue des évacués qui, venant de des routes de Lille et de Douai, se dirigeaient vers les route de Béthune ou de Liévin. Le Maire, Alfred Maës, évalue à 350 le nombre de victimes. » C’est un spectacle de désolation que voient les habitants à leur retour d’exode dès le 30 mai.

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La ville va de nouveau vivre sous le joug de l’occupant pendant 4 ans. La vie s’organise tant bien que mal. Les mineurs sont obligés de travailler sous la surveillance des soldats du Reich.

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Le 17 août 1941, Emile Basly décède. Le Préfet du Pas de Calais, représentant du gouvernement de Vichy, désigne Marcel Hanotel comme maire de Lens. La Kommandantur s’installe à l’hôtel de la Gare.

Mais à Lens comme ailleurs, la résistance s’organise. Le 11 avril 1942, trois résistants communistes abattent deux soldats allemands au Pont Césarine. Quelques jours plus tard, 35 otages sont fusillés par les allemands. 

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Après le débarquement de 1944, Lens est de nouveau bombardé par les troupes alliées qui veulent libérer la ville. le centre ville et la cité du 4 subissent cruellement le bombardement du 16 juin 1944. On dénombre de nombreuses victimes, toutes civiles, dont 36 morts. Le dépot SNCF d’Avion est totalement détruit. Le 11 août 1944, un nouveau bombardement fait plus de 150 tués.

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Enfin, le 2 septembre, sous un soleil radieux, les Anglais entrent dans Lens : la ville est libérée. Le 1er octobre 1944, le Général De Gaule, Chef du Gouvernement Provisoire, est en tête du défilé. Il prononce un discours devant l’Hôtel de Ville détruit. Ses paroles : « Lens, cité des mines, ville du grand travail ».

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( 26 avril, 2008 )

Mes gares

Trente huit ans et demi de service à la SNCF m’ont fait passer par différentes gares, dans le Nord ou en Normandie.

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Tout a commencé le 1er septembre 1969 à la gare de Bauvin-Provins sur la ligne Lens-Lille via Don Sainghin.

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Puis quelques mois plus tard : Carvin. C’était déjà une gare sans train, on ne faisait que l’expédition de colis

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Un stage de quelques mois à l’école de Valenciennes

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Puis ce fut Dourges pour quelques mois encore

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Entrecoupés de « piges » à Douai

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Dernière gare du Pas de Calais : Hénin qui s’appelait encore Liétard à l’époque

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En 1974, ce fut la Normandie et quelques années à Bréauté, une gare perdue dans la campagne cauchoise.

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En 1978, la gare du Havre et ses différents chantiers (voyageurs, fret, postes d’aiguillages)

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Pour finir, la gare de triage du Havre-Soquence, le 1er mai 2007.  Ironie du sort : c’est sur ce site, sera implanté dans quelques années le nouveau stade de football du Havre qui vient d’accéder à la ligue 1.

38 ans 1/2 de service résumé en 9 photos !!!

( 23 avril, 2008 )

La gare de Lens

Mon ami Christian, de Liévin, m’a dit que le quartier de la gare de Lens était en pleine mutation et que des travaux importants y étaient réalisés.

Ceci me donne l’occasion de publier quelques photos de la gare de Lens depuis sa construction en 1927.

La gare est l’oeuvre de l’architecte Urbain Cassan et représente une locomotive de l’époque (la loco 020) . Une tour horloge de 23 mètres domine le bâtiment peint en blanc. La gare est inaugurée le dimanche 14 août 1927; elle est inscrite aux oeuvres supplémentaires des Monuments Historiques.

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