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( 5 janvier, 2010 )

Les Marchés de Lens

   Les marchés de Lens existent depuis le XIIIème siècle.  Le franc marché avait lieu tous les premiers samedis de chaque mois et le marché aux grains, près des halles, place verte, tous les vendredis. Les marchés « normaux » se déroulèrent longtemps sur la Grand-Place, face à l’église Saint-Leger.  Depuis, le marché de Lens a  changé plusieurs fois d’emplacement. A partir du 7 septembre 1661, le marché avait lieu les 1ers et 3ème mardis du mois sur la Grand-Place (actuelle Place Jean Jaurès).

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   Par la suite il devint hebdomadaire mais a plusieurs fois changé de place. En 1870, le marché aux poissons et beurre se retrouva place du Cantin, les tissus et « équipement de la maison » restant sur la Grand-Place.

 

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 Mais, vu l’extension du marché et l’étroitesse de la Grans-Place, le marché débordait de plus en plus vers la rue de Lille (rue Lanoy aujourd’hui).

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   Avant la première guerre mondiale, un marché aux légumes et aux fleurs avait lieu Boulevard des Ecoles (actuel Boulevard Basly). Certains chalands étaient approvisionnés par le tortillard qui apportait les denrées de la campagne.

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  Au XIXe siècle, un marché aux poissons, fromages, volailles se retrouva place Jeanne d’Arc (où se situe aujourd’hui l’école Jeanne d’Arc). Mais il fut de nouveau transféré sur la place du Cantin le 21 juin 1902. La place Jeanne d’Arc a alors été incorporée à l’école des filles.

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   Puis, ce qui restait sur la Grand-Place rejoint le secteur et le marché prit de l’extension vers l’Avenue du 4 Septembre.

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   En 1920, le peu de lensois revenus de l’exode pouvaient faire leur marché qui était revenu, dégats obligent, sur la Grand-Place, seule à être déblayées des ruines de la guerre.

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   Depuis et jusqu’en 2005, les marchés des mardis et vendredis ont toujours lieu sur cette place de part et d’autre et débordant même sur l’avenue du 4 Septembre.

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   Devant le danger représenté par la traversée de l’avenue du 4 Septembre par les clients, la municipalité, en accord avec les commerçants fixes et ambulants, a fait déplacé, depuis le 12 avril 2005,  le marché vers l’école Carnot et le place Anatole France. Il regroupe ainsi en un seul lieu, près de 130 exposants.

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  La place Roger Salengro conservera donc maintenant tous les jours sa vocation actuelle de parking.

( 26 novembre, 2009 )

Rues et places de Lens (4) : La rue René Lannoy

 

La Rue René Lannoy, en forte déclivité, commence au niveau de la Place Jean Jaurès pour se terminer place Salengro (Place du Cantin).

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Depuis mon plus jeune age et jusqu’à que je quitte Lens au début des années 70, la rue René Lannoy s’est toujours appelée pour mes parents « Rue de Lille ». C’est pourtant juste après la seconde guerre mondiale que la municipalité décida de la baptiser Rue Lannoy en l’honneur d’un grand résistant du Nord, chef du Front national de Libération du Pas-De-Calais décédé d’un accident de circulation le 14 décembre 1944.

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Cette rue, vieille de plusieurs siècles, s’appela Rue du Rivage, puis rue de la Porte de Lille. Au moyen age, elle menait au rivage et de là au Petit Marais (aux environs de l’actuel Lycée Condorcet) qu’alimentait de nombreuses sources. Au début du 20ème siècle, cette rue était beaucoup plus étroite qu’aujourd’hui mais était déjà très animée.

Le marché de Lens des mardis et vendredis qui avit lieu sur la Grand Place, débordait largement sur la rue de Lille :

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A l’angle de la rue de Lille et de la rue de …. l’Hospice, se trouvait L’hospice de Lens qui venait juste d’être agrandi lorsqu’il fut rasé pendant la première guerre mondiale. En 1919, des baraquements provisoires ont été installés à la place de l’hospice et servirent d’hôpital de fortune jusqu’à l’ouverture du CHL de la Route de La Bassée en 1932.

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De l’autre côté de la rue, se trouvait l’école Carnot qui fut reconstruite dans les années 20 avenue du 4 Septembre à la place de l’Usine à Gaz. Vieille de plusieurs siècles, cette école avait été transformée en hôpital militaire pendant la Révolution Française.

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Comme tout Lens, c’est une rue de Lille totalement rasée que les Lensois retrouvent lors de leur retour de l’exode en 1919 :

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Les Lensois retroussèrent leurs manches et la Rue de Lille retrouva rapidement l’aspect qu’on lui connait aujourd’hui :

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La rue fut pavée jusqu’au début des années 60 lorsqu’elle fut de nouveau élargie afin de pouvoir absorber l’augmentation de la circulation et des commerces.

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En effet de nombreux commerçants s’y installèrent et cette rue était très vivante avant l’implantation des centres commerciaux en périphérie de la ville. On y trouvait notamment un grand magasin de sport (ancêtre de Décathlon ?) :

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Et la célèbre droguerie Talandier :

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Vers l’extérieur de Lens, la Rue Lannoy est prolongée par la Route de Lille à voir dans un prochain article.

La Route de Lille, oh pardon, la rue R. Lannoy en février 2008

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( 1 novembre, 2009 )

Rues et places de Lens (2): La Route de Béthune

     Une partie de ce texte est inspirée d’articles de Jérôme JANICKI, journaliste à l’Avenir de l’Artois.

     L’histoire de Lens s’est en grande partie jouée le long de la route de Béthune. La première mention date de l’époque de la bataille de Lens au XVIIe Siècle. Dans un texte du livre de Stéphane Thion sur Les Armées Françaises de la guerre de Trente ans, on trouve : « L’archiduc Léopold attendait le 19 août 1648 au matin de la plaine de Lens. Mais Condé, jugeant les positions espagnoles trop fortes, refusa la bataille et fit rompre en arrière à gauche pour marcher en direction de la route de Béthune. »

     La route de Béthune est citée dans de nombreux ouvrages relatant la Grande Guerre dans la Gohelle dont celui de Henri Barbusse  intitulé « Le feu ».  

    C’est en 1770 que la construction du chemin Lens-Béthune commença. Les concepteurs privilégièrent en 1771, les pavés au gravier pour réaliser une voie de communication de qualité.

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La Route de Béthune au début du siècle

     A cette époque se trouvait au niveau de la cité 11, la Salle des Fêtes des Mines de Lens qui, entièrement détruite, ne fut pas reconstruite après la guerre :

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      Dès 1919, la Route de Béthune fut l’une des toutes premières à posséder des logements provisoires en tôle :

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     Après la Grande Guerre, la ville de Lens a dû remanier son plan ancien. Ainsi, en mars 1921, il fut établi que les routes nationales traversant la ville auraient la taille suivante : trois mètres pour les trottoirs de part et d’autre et une voie large de huit mètres au centre. Le règlement d’emprise de la RN43 a été établi lors du conseil municipal de janvier 1927 sous la présidence de Basly.    

     C’est à ce moment que l’on décida de la construction de la gendarmerie sur un terrain appartenant aux Mines de Lens entre les fosses 1 et 9.

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A la même époque, la fosse 1, entièrement détruite pendant la guerre fut reconstruite.

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     Aucune artère de Lens aussi vitale que la route de Béthune n’a fait à la fin des années cinquante et au début des années soixante une telle unanimité contre elle. De l’avis de tous, elle était devenue beaucoup trop étroite. Lorsqu’un véhicule léger, un autobus ou un camion s’y stationnait la route était bloquée et les embouteillages se créaient. Les journalistes disaient d’elle qu’on mettait autant de temps à la descendre ou à la monter qu’à faire dix kilomètres à la campagne. L’objectif était donc d’élargir la route de Béthune de 12 mètres.
    Ce n’est qu’en 1963 que les autorités nationales inscrirent comme une urgence, la refonte de la route de Béthune. En même temps, il fut décidé de revoir complètement l’éclairage public. Ernest Schaffner réunit le conseil municipal le vendredi 25 janvier 1963 et fixa le calendrier des travaux de la route. Etant Route Nationale, L’État prit à sa charge la réfection de la chaussée et la ville de Lens, celle des trottoirs, de l’installation des égouts, de l’abattage des arbres et du profilage des bordures. Ces travaux allaient coûter 65 millions d’anciens francs à la commune.
    Ainsi, la route nationale devait être élargie de 12 mètres sur une longueur de 1,800 km à partir du carrefour des Grands Bureaux jusqu’au chemin Manot.

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   Ci dessus : Les extrémités de la Route de Béthune : en haut, le carrefour Plumecocq croisement avec le Chemin Manot (rue Léon Blum aujourd’hui) et la rue Pierre Brossolette. En bas, le carrefour avec la Route de La Bassée et la rue Bollaert.

   A titre de comparaison, la Route de Béthune dans les années 50/60 et aujourd’hui (image Google Earth) :

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        Sur les terrains qui appartenaient autrefois aux Mines de Lens, on trouve aujourd’hui du côté de l’ancienne fosse 1, la Médiathèque Robert Cousin :

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         La salle des Fêtes Jean Nohain :

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        L’espace Bollaert :

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        Et face à l’Avenue de la Fosse 12, là où l’on « trouvait » le Chemin Perdu, l’Université.

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        C’est sur cette route que l’on trouve de grandes barres de corons :

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       Le Monument aux Mort des Mines de Lens, à l’angle de l’Avenue de la fosse 12 :

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      Un peu plus loin, la Route de Béthune traverse la cité du 12 avec, en autre, la fosse 12 bis (où se trouve aujourd’hui un concessionnaire autos). C’est là que se trouvait le Centre de Formation des Mines de Lens appelé aussi « La Mine Image ».

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        En continuant après la rue Saint Edouard qui donne vers l’église du même nom et le groupe scolaire Jean Macé, on trouve de nombreux commerces. C’est dans ces lieux que se trouvait le cinéma l’Eldorado.

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( 17 octobre, 2008 )

Lensois célèbre : Alfred MAES

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Alfred MAES (1875 St Omer – 1941 Lens) est une grande figure de la vie politique et syndicale de Lens. En 1904, il est élu « Délégué à la sécurité » à la fosse 1 de Lens où il travaille. L’essor syndical de cette époque lui doit beaucoup. Il participe activement aux grandes grèves de 1906 qui ont suivi la catastrophe de Courrières. En 1910, il succède ensuite à Casimir Beugnet à la tête du Contentieux des mineurs puis devient secrétaire du syndicat des mineurs du Pas de Calais en 1912. En 1919, il est élu député et défend ardemment les travailleurs de la Mine au Palais Bourbon. Puis il est élu maire de Lens en 1928, à la mort d’Emile Basly. Il fera beaucoup pour le développement des soins aux mineurs et à leur famille en créant la cité hospitalière, de nombreux dispensaires dans les cités et dota la Caisse de Secours des Mines de Lens d’un immeuble boulevard Basly pour les consultations de spécialistes et les démarches administratives. Il décède à Lens le 17 août 1944. Son buste orne la cour d’honneur de l’hôpital de Lens.

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